Ma première composition à Paris

Dear Friends,

Voilà my first complete piece of writing in French! It was inspired by the events, conversations, and eclectic moments that have comprised my first two weeks in "la ville de lumières". I am so far having a blast, from confessing to a priest in Notre-Dame to philosophizing with French Sorbonne students to dreaming in red to cooking magrets de canard à l'orange and making tiramisu, I'm truly experiencing what I would call massive disorientation. Assumptions are being discarded, habits are changing, ideas are being challenged, and of course I'm losing, that is, losing money, sleep, confidence (it happens when you can't communicate effectively and feel alienated from societal norms), even weight, worst of all, I am constantly lost. What can one expect in a city sans any logical organization of street names?

While 116st street is undoubtedly less cultural than Rue de Richelieu (the street sign with its educative inscription: "Premier ministre de Louis XIII, fondateur de l'Académie Française") or Rue Voltaire, Rue Victor Hugo, and the countless other cultural, political, or referential rues in Paris (with their adjacent descriptions of the reference), 116th Street makes life far more efficient and less stressful. The amount of time I lose orienting myself is absurd. I am constantly lost, and that is an understatement. And yet, I would not have it any other way.
I am in love with the light-weightedness, with the elusiveness, with the mystery of a city that wants to consistently engage me in philosophy, in history, in introspection and personal contemplation. Many have been urging me to get a phone in case of emergencies and in order to facilitate rendezvous. But I've realized that the only emergency I have is to continue getting lost.

I'll keep you posted of my disorientations whenever I find home. For now, enjoy my first piece of autobiographical fiction!

A bientôt,

Ylena.



J’ai rencontré apparemment quelqu’un de célèbre que je ne connais pas du tout. Puisque ceci n'arrive pas tous les jours je lui ai demandé de dîner dans un restaurant. Je m’étais rendu compte qu'il était célèbre parce que les gens se pressaient autour de lui. Donc quand il a accepté mon invitation, j’étais déterminée à découvrir pourquoi il était tellement important. J'avais peur de sembler stupide en demandant son nom, donc j'ai décidé d'attendre la conversation.

J'ai commencé mon investigation sur l’identité de l’homme par des questions générales.

-Que faites-vous?
-Je raconte des histoires et des paraboles, j’enseigne aux gens la façon de faire pour qu’ils vivent une bonne vie. Je suis également ici sur Terre pour transmettre la bonne parole de mon père et aider l'humanité.

-Qui aimez-vous?
-Je n’aime personne de façon romantique, mais j'aime tout le monde.

Alors le serveur a interrompu notre conversation en venant à notre table, étonné de voir que l'homme restait totalement mystérieux, le garçon a dit:

-Ce n'est pas possible! Etes-vous vraiment Jésus ? 
-Oui, c’est moi.

- Je suis honoré d’être en votre présence. Quelles sont les choses que vous désirez? Que pourrais-je vous servir?
-Merci gentil serveur, je voudrais quelques poissons, du pain ainsi que du vin et de l’eau.
-Certainement!

Le garçon, enthousiaste à l’idée de servir Jésus, avait oublié de prendre ma commande. Puis nous avons ri. Mais j’étais choquée d’avoir Jésus devant moi. Enfin j'ai compris la crainte de la foule. L’homme était Jésus ! Puis j'ai mesuré l'ampleur de cette vérité, j'ai rapidement  commencé à avouer tous mes péchés. Tout de suite Jésus m'a demandé:

-Pour quelle raison te confesses-tu ?
-C’est votre seconde venue. Vous êtes venu comme un voleur dans la nuit juste comme le livre de l'Apocalypse le raconte. L'Apocalypse professe également que nous devrions nous repentir pour aller au ciel. Ne devons-nous pas faire cela?
-Le monde ne cessera jamais tant que les rêves existeront. Ainsi il est nécessaire de rêver davantage. De plus, ai-je l'air de quelqu’un qui n’existe seulement que pour examiner ou pour juger des vies? Ne suis-je qu'un policier?

J'ai été très étonnée par la réponse de Jésus mais contente que le dîner ne soit pas un interrogatoire de police où j’aurais dû expliquer mes péchés.

Alors le garçon est revenu avec le plat de Jésus et m’a dit:
-Je suis désolé! Que prenez-vous?
Jésus a répondu:
-Ne t’inquiète pas, je te peux partager avec Ylena. ;-)

Ensuite j'ai demandé à Jésus une chose folle.

-Qu'est-ce qui a bien pu donner à Nietzsche l'idée de déclarer que « Dieu est mort et c’est nous qui l’avons tué ! » ?

Jésus m'a avertie, je te répondrai simplement avec une plaisanterie.

-Une fois lorsque j'étais avec un groupe de gens, je leur ai dit, « regardez! un oiseau mort ! »
Tout le monde a cherché vers le ciel et a demandé « où est-il? où est-il ? » 
Tant que les êtres humains existent, Dieu existera. Cherche sur Terre et non pas dans la distance mystique du ciel bleu. Dieu es toi ; tu es Dieu. Donc oui, Nietzsche a bien compris le langage de la nature qui démontre clairement que Dieu est mort, que Dieu est un oiseau mort.

Enfin, je me suis réveillée. Comment avais-je pu concevoir un tel rêve, si bizarre? Combien de temps avais-je dormi? Cependant, je suis soulagée. C'était juste un rêve mais je ne suis pas du tout contente d’avoir laissé les lumières allumées…

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